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 les neuroleptiques, des drogues ?

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MessageSujet: les neuroleptiques, des drogues ?   Jeu 14 Déc - 12:27

vu sur internet

Citation :
Académie nationale de Médecine : "drogues" médicales? Connaît pas

ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE
16, RUE BONAPARTE – 75272 PARIS CEDEX 06
TÉL : 01 42 34 57 70 – FAX : 01 40 46 87 55
_______

COMMUNIQUÉ
au nom de la Commission XVII (Langue française – Langage médical - Dictionnaire de l’A.N.M.)
Définition du mot « Drogue »
Pierre DELAVEAU

Au cours de la séance du 21 mars dernier, avait été présenté à l’Assemblée par le Président de la Commission XVII un projet de définition du mot drogue, en vue de lever des équivoques fâcheuses. En raison d’objections soulevées par plusieurs confrères, la discussion fut suspendue, en attendant de nouveaux éléments de réflexion. En voici.
Rappelons tout d’abord que les préoccupations prioritaires des membres de la Commission XVII concernent le bien de la santé publique, donc seulement les emplois médicaux du vocabulaire et la qualité du langage, en dehors des utilisations de nature littéraire, voire historique.
A- L’emploi du mot drogue pour désigner une « matière première naturelle servant à la fabrication des médicaments » ne cesse de perdre de l’importance pratique en raison de l’évolution actuelle des officines pharmaceutiques.
B- Précisément, la lecture des textes du Code de la santé publique, sous sa forme révisée (mai 1997), est instructive : elle fait apparaître que le mot drogue relève des deux acceptions différentes, ce qui est source d’équivoque. Le Code continue de parler de drogue au sens ancien de matière première destinée à la pratique pharmaceutique […].
Au sens actualisé, il s’agit donc de mesures destinées à la lutte contre les effets toxicomanogènes, tandis que, dans le sens ancien, on continue de réglementer l’utilisation des matières premières surtout végétales en vue de la fabrication de médicaments à l’officine, opération qui n’est plus qu’exceptionnelle maintenant. Pour désigner de telles matières premières, il suffirait de proposer des expressions telles que « partie de plante », comme cela fut déjà fait dans le passé. Ce rejet de l’emploi de drogue au sens ancien s’est déjà manifesté dans les monographies de la Pharmacopée française, puis européenne ainsi que dans les textes de l’Avis aux fabricants concernant les demandes d’autorisation de mise sur le marché pour les « médicaments à base de plantes » (et non de drogues !).
Est-il nécessaire de rappeler que plusieurs instances gouvernementales ont déjà adopté une attitude réaliste, en particulier la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies (MILDT) ?

Dans ces conditions, nous demandons à l’Assemblée d’adopter la définition suivante :

Drogue

Substance naturelle ou de synthèse dont les effets psychotropes suscitent des sensations apparentées au plaisir, incitant à un usage répétitif qui conduit à instaurer la permanence de cet effet et à prévenir les troubles psychiques (dépendance psychique), voire même physiques (dépendance physique), survenant à l’arrêt de cette consommation qui, de ce fait, s’est muée en besoin.
A un certain degré de ce besoin correspond un asservissement (une addiction) à la substance ; le drogué ou toxicomane concentre alors sur elle ses préoccupations, en négligeant les conséquences sanitaires et sociales de sa consommation compulsive.
En aucun cas le mot drogue ne doit être utilisé au sens de médicament ou de substance pharmacologiquement active.

*
* *

L’Académie, saisie dans sa séance du mardi 28 novembre 2006, a adopté le texte de ce communiqué à l’unanimité.
Pour copie certifiée conforme,
Le Secrétaire perpétuel,

Professeur Jacques-Louis BINET
02/12/2006
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MessageSujet: Re: les neuroleptiques, des drogues ?   Jeu 14 Déc - 12:29

une réaction à ce sujet (vu sur internet)

Commentaire de General Garcia

L’Académie nationale de Médecine s’est revêtue de la cape immaculée de ses augustes censeurs pour édicter une « loi » relative à l'emploi du mot « drogue » afin d'éviter le risque « d'équivoques fâcheuses » et se croit obligée de rappeler en cette circonstance qu'elle oeuvre pour le salut de tous. C’est son affaire et la révision de son dictionnaire fait partie de ses attributions, mais il ne faudrait tout de même pas que, ce faisant, elle contribue à induire le public en erreur par l'occultation de certaines vérités.

En approuvant cette définition, et en réservant uniquement l'emploi du mot "drogue" à des substances illégales, l’Académie se voile la face et cache au public la réalité des faits.

Cette nouvelle conception restrictive du mot "drogue" contredit celle du Dictionnaire de l’Académie française. Depuis longtemps, le terme "drogue" désigne toute "matière première d'origine animale, végétale ou minérale, employée pour la préparation des médicaments magistraux et officinaux" (et toute "substance utilisée en teinture et employée à divers usages ménagers.") Il est vrai que les habitudes ont évolué dans le domaine pharmaceutique et qu'il peut paraître obsolète d'utiliser le mot "drogue", en France par exemple, pour désigner l'une ou l'autre des préparations magistrales qui sont devenues rares. De manière péjorative également, on employait (et on le fait encore parfois) ce mot pour parler de remède ou de médicament.


En interdisant, dans son propre cercle médical, l'emploi du mot « drogue » dans le contexte qui nous concerne, celui de « médicament ou de substance pharmacologiquement active », l’Académie de Médecine évacue totalement un certain nombre de faits médicaux mondialement connus, relatifs aux effets iatrogènes de certaines substances dites "psychotropes".

Contrairement à ce qu'affirme l'Académie, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies (MILDT) ne semble pas avoir choisi récemment "d'attitude réaliste" devant l'évolution des techniques pharmaceutiques, si l'on étudie son dictionnaire en ligne dans lequel on peut trouver la définition des mots "drogue" et "dépendance". Ou plutôt, elle a choisi, mais depuis longtemps, une attitude réaliste qui tient compte des faits en ce qui concerne certains risques liés à des médicaments. Voici les deux définitions du dictionnaire de la MILDT qui nous intéressent :

Drogue
(étymologie controversée : le mot pourrait venir du persan droa, odeur aromatique, de l'hébreu rakab, parfum, ou encore du néerlandais droog, substance séchée). 1) Etymologiquement et historiquement parlant, toute substance pharmacologiquement active sur l'organisme (en ce sens, tout médicament est une drogue). 2) usuel : toute substance psychoactive prêtant à une consommation abusive et pouvant entraîner des manifestations de dépendance. SYN : came, dope.

Dépendance
L'usage veut que l'on désigne ainsi la situation d'assujettissement d'un individu à la prise d'une drogue : l'interruption de cette dernière pratique entraîne un malaise psychique, voire physique, qui incline le sujet à pérenniser sa consommation.
Des années 1950 aux années 1980, le concept de dépendance est demeuré restreint à celui de pharmacodépendance, c'est-à-dire avant tout de dépendance physique à l'égard d'une substance psychoactive. La pharmacodépendance correspond à un état adaptatif de l'organisme, à un nouvel équilibre homéostasique atteint lorsque la consommation de certains produits s'est prolongée le temps nécessaire à cela : l'arrêt de la consommation, ou sevrage, induit un état particulier, le manque auquel le sujet devenu dépendant cherche à échapper par la reprise compulsive du produit (qu'il s'agisse de l'alcool, du tabac, de certains médicaments psychotropes ou des drogues illicites). Les signes du manque peuvent être d'ordre physique et/ou psychique, ce qui permet de distinguer une dépendance physique (à l'alcool, au tabac, aux opiacés notamment) et une dépendance psychique, celle-ci étant plus ou moins avérée selon les produits consommés, le contexte du sevrage et la personnalité du sujet.

Ces deux définitions sont accessibles ici: http://www.drogues.gouv.fr

Dans sa 23e édition, Le Garnier Delamare – Dictionnaire des termes de médecine [1992, Éditions Maloine] définit le mot « pharmacodépendance » comme suit :

« Pharmacodépendance, s. f. (OMS) (gr. pharmakon, médicament ; dépendance) […] Syn. addiction. État résultant de l’absorption périodique ou continuelle de certaines substances chimiques (stupéfiants, analgésiques, hallucinogènes, délirogènes, enivrants, hypnotiques, psychoanaleptiques) et dans lequel le sujet a besoin de continuer son intoxication. Il dépend de la drogue soit psychiquement (dépendance psychique ou psychologique ; syn. accoutumance toxicomaniaque et assuétude) si le seul motif qui le pousse est la recherche du plaisir ou le désir de chasser une sensation de malaise ; soit physiquement (dépendance physique ou physiologique ou physicodépendance) lorsque son organisme exige, pour conserver son nouvel équilibre, un apport régulier et souvent croissant du toxique, dont la suspension ou la neutralisation provoque des troubles physiques intenses (v. toxicomanie et drogue). »

Cette définition, qui est inspirée des normes de l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, est ni plus ni moins celle de la drogue, qu'elle soit illégale ou pharmaceutique.

Dans Nos enfants, cobayes de la psychiatrie? Pierre Vican expose clairement l’assimilation de nombreuses substances psychiatriques à des « drogues ».

Extraits :

« La toxicité des amphétamines et la forte dépendance psychique qu’elles sont susceptibles d’entraîner expliquent que les molécules les plus puissantes sont inscrites en France sur la liste des stupéfiants depuis l’arrêté du 2 octobre 1967. La convention des Nations Unies sur les substances psychotropes (1971) classe également la Ritaline dans la catégorie II [substances stupéfiantes] au même titre que la cocaïne, la méthamphétamine, les opiacés ou les barbituriques les plus puissants. C’est la raison pour laquelle la prescription de Ritaline est soumise en France à la « règle des 28 jours » […].

Le professeur Delaveau se contredit. En effet, il est l’initiateur et le directeur de la rédaction du Dictionnaire des sciences pharmaceutiques et biologiques de l’Académie nationale de pharmacie [Éditions Louis Pariente, Paris, 1997].
Dans cet ouvrage qui fait référence, il est écrit dans sa 1re édition [volume Dope-Orel] que le méthylphénidate est « apparenté chimiquement et pharmacologiquement à l’amphétamine » et qu’il est « d’ailleurs classé parmi les dopants et les stupéfiants. » Rappelons que le méthylphénidate est la molécule de psychostimulants puissants apparentés à la cocaïne comme la Ritaline et le Concerta, censés traiter les symptômes de l’hyperactivité des enfants.

Pierre Vican va plus loin dans livre et explique les faits suivants:

« Le docteur Peter Breggin a témoigné devant le Sous-comité de surveillance et d’enquêtes du Congrès américain le 29 septembre 2000 […] que la Drug Enforcement Administration (DEA - Organe gouvernemental américain de lutte contre le trafic de drogues) et toutes les agences dans le monde spécialisées dans l’étude des psychostimulants classent le méthylphénidate (Ritaline) et les amphétamines (Dexedrine et Adderall) dans le tableau II au même titre que la méthamphétamine, la cocaïne, la plupart des opiacés et les barbituriques les plus puissants. »

Plus loin dans le même livre:

« Pour mémoire, ne sont classées dans le tableau II que les drogues dont le potentiel de dépendance et d’effet est le plus élevé. » [Tableau II : drogues ou substances qui créent un fort risque d'abus, mais qui ont une utilisation médicale acceptée aux États-Unis sous restrictions, et dont l'abus peut conduire à une dépendance physique ou psychique accentuée, telles que l'opium, la morphine, l'amphétamine, la méthamphétamine, le pentobarbital... (Source : Mission interministérielle française de lutte contre la drogue et la toxicomanie.)]

« Le professeur Breggin se penche ensuite sur les effets délétères de ces drogues, largement documentés dans la littérature scientifique : ''Leur potentiel addictif et le fait qu’elles induisent des consommations abusives reposent sur la capacité de ces drogues à changer la chimie du cerveau de façon grave et permanente.''

Encore plus loin :

« Breggin révèle dans son témoignage devant le Congrès américain l’engrenage de prescription qu’entraînent les effets de la Ritaline chez les patients initialement traités par ce produit : ‘’[…] les stimulants motivent la prescription de drogues psychiatriques additionnelles. La sur-stimulation produite par les stimulants, par exemple, est souvent traitée par des sédatifs qui créent une dépendance […] et la dépression produite par des stimulants est souvent traitée par des antidépresseurs dangereux et non approuvés. Comme le contrôle émotionnel de l’enfant s'effondre en raison des effets de ces drogues, les stabilisateurs d’humeurs peuvent être ajoutés. Finalement, ces enfants finissent par prendre quatre ou cinq drogues psychiatriques à la fois et sont diagnostiqués comme souffrant de trouble bipolaire à l’âge de 8 ou 10 ans.’’ »

Conclusion:

En toute indépendance d'esprit et devant le constat des ravages que produisent l'emploi et la consommation dans le monde de ce type de "médicaments" à visée psychiatrique, nous continuerons d'employer le mot "drogue" pour désigner les substances pharmacologiquement actives qui ont des effets psychotropes nocifs, dangereux et imprévisibles, et d'utiliser le terme de


DROGUES PSY


à défaut d'un autre plus approprié, pour désigner et dénoncer les très nombreuses substances à visée psychiatrique prétendument "thérapeutique", dont les effets toxicomanogènes pervers (installant chez le sujet une pharmacodépendance), les troubles psychiques dévastateurs et reconnus par la communauté médicale internationale mais cachés des laboratoires et publiquement ignorés des pharmaciens et des médecins, et les symptômes de sevrage particulièrement pénibles, sont scientifiquement prouvés.

Nous ne pouvons qu'inviter respectueusement l'Académie nationale de Médecine à relire le Serment d'Hippocrate, à se documenter objectivement sur la question des drogues psychiatriques, et à s'interroger sur la légitimité du statut de la psychiatrie en tant que "médecine".
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