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 le blues de l'infirmier engagé et humaniste

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alter



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MessageSujet: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 1:22

oeiletam dit :





infirmier diplome d etat et j aime a dire de Sensibilite Psychiatrique,je viens de quitter mon premier poste;changement de region pour decouvrir de nouveaux horizons(apres quelques remplacements durant l ete).
je raconte mon histoire ici, convaincu que les mots soulagent
etant un "homme" il ne me fut pas trop difficile de trouver un emploi la ou je le cherchais, bien que decu par le peu d interet que porta la directrice des soins sur mon parcours professionnel et sur ma maniere d apprehender les souffrances,la maladie, les soins...j embauche pour les vendanges.octobre, novembre...
j ai appris ,au travers de ma pietre experience de d e ,a ne jamais me faire d oppinions trop hatives sur les manieres d etre en soins des equipes et des individus que je croise dans ma pratique(on ne percoit pas toujours ce qui se joue, que va piano va sano
on m annonce que je travaillerais au moins pour un mois dans un service acceuillant des patients psychotiques chroniques.
dans le service, la folie quotidienne est evidente et le vieil adage "c est comme le velo"me vient vite en tete, les gens sont curieux, tous, me demandent ,j essaie d etre en lien ,attentif a tout ce qui se tisse, veiller a ceux qui tissent en devorant, ceux qui tissent en se taisant, ceux qui tissent agreablement , ceux qui tissent en chantant, ceux qui veulent pas tisser et ceux qui pensent que le tissu est deja tisse.
des rencontres, a la fois rien de surprenante pour qui travaille dans quelques services,et a la fois extra-ordinaire.
mes collegues sont sympas avec moi, c est sur, je les soulage et ca fait longtemps qu ils attendaient de voir leur noms un peu moins frequemment sur les grilles, penurie oblige.
ayant toujours eu la chance d avoir des lieux ou pouvoir reflechir a mes vecus et mes manieres de faire, d etre, (entre collegues, en analyse de pratique,reunions cliniques,syntheses et dans mon fort interieur)
je suis assome de questions, de doutes,et investi par la maladie de ces patients-la.
les manques me montent a l esprit, vieille tendance a regretter ce que j ai quitte( qui je le realise a present tentait de fonctionner)mais aussi ideal de soins qui en prend un sacre coup...
je reste malgre tout motive pour prendre soin des gens qui sont la.
mais je suis ahuri de constater combien les personnels de sante peuvent etre souffrants lorsqu ils ne se demandent plus (ou pas) ce qu il se passe.action reaction soit gentil et ne derange pas mon ego...on veut des protocoles...la prise en compte et en charge de l angoisse massive des patients eclates ou delirants. les soignants semblent avoir occulte la detresse dans laquelle ces patients sont, hurlant apres l un qui n est toujours pas couche alors que ce dernier ne trouve plus les chiottes tant il est desoriente,engeulant l autre qui ne parvient pas a colorier bambi alors que c est si facile de colorier bambi...encore faut il pouvoir reconnaitre ce qui differencie bambi de la foret...
en bref, il me semble que s occuper de ces patients n est pas une mince affaire mais si on daigne tenter de comprendre ce qui se joue, on peut etre present.
lorsque je tente d aborder cela dans les temps qu on nomme releve, j ai la sensation de faire chier le monde alors que je cherche a raccrocher les morceaux...il me semble que les soignants ont, pour ceux qui s expriment lache l'affaire, abandonne.
plus d un m a dit que j allais bientot faire pareil
sauf que j ai pas envie de pas faire mon boulot,je sens que la pensee doit etre toujours mobilisee, dans nos pratiques, j ai pas envie de souffrir comme eux de la maladie des autres .
alors si quelqu un avait je sais pas moi, un conseil une idee pour m aider a ne pas sombrer dans le gardiennage educatif,et pour remotiver des foules, je suis preneur...
d avance merci,
un Infirmier Doutant et Esperant.
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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 1:31

ruzbutu
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Re: tristesse



Bonsoir oeiletam,
j'ai cherché moi-même, ici, il ya quelques temps, une écoute que je ne pouvais trouver sur mon lieu de travail.
Je comprends tout à fait ton questionnement, tes doutes... Ce qui m'a le plus manqué à ce moment là était de pouvoir donner du sens à ce que je faisais, bref, de pouvoir m'arrêter, de ne plus être dans le faire, pour pouvoir tout simplement réfléchir, échanger. Dans la structure dont je te parle, il n'y avait pas de place pour la clinique, et les seuls échanges que j'ai pu avoir étaient bien souvent réduits au (court) temps de transmissions.
Tes collègues te disent que tu vas bientôt laisser tomber? A l'époque on me répondait que nous faisions de la psy de merde. (Désolée de me répéter pour ceux qui ont déjà lu ces propos!!) Bref, j'avais l'impression de ne pas être entendue, ou alors, qu'il fallait que je me résigne.
Tout comme toi, je travaillais à l'époque sur un pavillon accueillant des patients dits "chroniques", on me disait souvent "de toutes façons, c'est des chroniques, y'a rien à faire." Stimulant comme perspective, n'est-ce pas?
Alors je suis désolée, je n'ai pas ni conseil, ni idée à te soumettre, car, pour ma part, j'ai choisi la fuite (mais c'est à ce moment que j'ai trouvé une écoute, j'ai ainsi pu lâcher un peu ce qui, je me rends compte après coup, commençait à me ronger.)
Je peux seulement te raconter mon expérience (tu peux lire aussi ce post si tu veux en savoir plus http://www.serpsy.org/forum/viewtopic.php?id=105), te dire que depuis j'ai trouvé un autre poste, qui même s'il n'est pas parfait, me convient. (et puis, après tout, ne travaille-t'on pas plus sur ce qui dysfonctionne plutôt que sur ce qui roule parfaitement?)
J'espère que tu auras l'énergie nécessaire pour pouvoir continuer à accompagner au mieux les patients que tu reçois, car c'est quand même avant tout pour cela que nous venons tous les jours en ces lieux.
Je te souhaite de tirer profit de toutes ces expériences, car celles que j'ai connues et qui m'ont laissée un goût amer m'ont tout de même beaucoup apportée.
Je laisse place aux gardiens de ces lieux (les soignants mais aussi les usagers, tous forts de leurs expériences) afin qu'ils t'éclairent un peu, comme ils ont pu le faire pour moi. Il est certes dommage que les éclairages ne puissent avoir lieu sur ton lieu d'exercice (bizarre cette répétition de "lieu"), ici, j'ai parfois l'impression d'être sur une autre planète, me demandant même si l'on parle de la même pratique que celle que l'on peut rencontrer dans le REEL. Mais j'ai parfois besoin de ces échanges, et de lire les soignants de SERPSY qui me redonnent l'espoir de "soigner autrement" comme certains aiment à le dire.
Bon, je suis un peu longue, d'autant plus que je ne fais pas avancer le schmilblick.
Au plaisir de te lire,
@micalement.

Dernière modification par ruzbutu (Hier 23:24:35)
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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 1:34

je respecte ces infirmiers qui se posent des questions
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yos



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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 7:36

bonjour oeiletam,
ce qui me gêne profondément chez toi,infirmier psychiatrique humaniste, c'est qu'un infirmier psychiatrique humaniste , ça n'existe pas. D'ailleurs,
les infirmiers psychiatriques sont toujours recruté pour leur corpulence physique et non pour leur charisme ou leur compréhension du trouble mental. Et ceux qui ne respectent pas ce racisme institutionnalisé qu'on appelle la "distance thérapeutique" se font virer.
tu as la même incompréhension profonde envers la folie que tes collègues moins humanistes que toi, ceux qui assomment les patients de psychotropes et les considèrent comme des sous-hommes pyjamatés. On sent
que tu es gêné aux entournures par la fameuse distance thérapeutique, qu'à la fois tu penses aux patients comme des malades mentaux qu'il faut surveiller et punir et des gens avec qui il faut avoir une relation saine et naturelle. Quand tu vivras vraiment tes contradictions, tu vas penser que c'est la psychiatrie qui te fait vivre, qui te permet de ramener ton misérable salaire à la fin du mois et envolées tes pseudos interrogations humanistes, tu augmenteras la "distance thérapeutique" avec les patients dès fois que ceux-çi t'inoculent le virus de la folie, tu resteras l'éxécutant bien sage d'un système qui n'a rien à envier au système carcéral.
Et sais tu pourquoi ton salaire est surement minable ? parce que tu ne soignes pas, que tu ne guéris pas et que ton utilité sociale est des plus faibles, ton expertise professionnelle est complètement liée à la psychiatrie et à ses aspects les plus institutionnels et tu es le plus souvent le faire-valoir du médecin et pas grand-chose d'autre. Et parfois, tu jouis , dans la salle d'eau de l'HP, de pouvoir avoir une relation sexuelle illicite avec une psychiatrisée à l'occasion d'une douche ou d'un bain (Moisselles) et là curieusement, la distance thérapeutique tu l'as complètement oubliée, le temps de satisfaire ta pulsion sexuelle avec une malade que le trouble névrotique égare. Mais ce qui se passe réellement, c'est que les hauts-murs de l'asile sont remplacés par les murs intérieurs de la camisole chimique (les médocs), le fou est en quelque sorte hospitalisé à domicile et toi tu as été remplacé (on l'a compris, je ne te regrette pas) par les familles de malades. Les malades sont maintenant "hospitalisés" chez eux et ce sont les mères , les épouses et les pacsées qui font dorénavant ton travail sans la moindre distance thérapeutique cette fois.
Les temps changent.
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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 9:44

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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 9:50

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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 10:55

disons... que c'est quand même pas mal de voir qu'il y a des infirmiers qui se posent des questions.


Il y aura toujours des psychiatres, tant qu'il y aura des gens en souffrance. La question n'est pas : "faut-il abolir la psychiatrie ?", car c'est impossible

la question est : comment changer la psychiatrie ?
sinon on ne fait que parler dans le vent


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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 11:24

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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 11:50

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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 11:57

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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 12:01

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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 12:01

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MessageSujet: Re: le blues de l'infirmier engagé et humaniste   Ven 24 Nov - 12:06

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